Debut de journée

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Argentine - Autre Ville/Région
de GC, le 20-09-2007

Debut de journée

8h. « Are you readyyyy?? »

Le téléphone sonne le départ de celle nouvelle journée. Contre mon gré, je me lève. Les yeux à peine ouverts, j'enclenche le système primaire, celui où seuls les muscles sont actifs. Mon esprit, lui, est encore dans la brume. D'un grand geste élégant, je vire les couvertures sur ma droite et me voilà d'un coup de rein, assis sur le bord du lit. Deux mains pleines de doigts farfouillent mon visage et ma tignasse (plus tant tignasse que ça d'ailleurs, puisque une massacreuse locale m'a ratiboisé les poils de crâne à l'argentine, c'est-à-dire en laissant une espèce de crête sur le dessus et à l'arrière. C'est ... assez original mais bon ça au moins ça fait couleur locale).

Les quelques secondes de peignage réveillatif passées, je me lève un peu hagard et me dirige vers le fond de ma chambre. Un bras se lève devant moi pour pousser la porte qui donne sur les toilettes. Je le laisse tendu quelques secondes de plus, histoire d'économiser mon énergie (chasse au gaspi...) et la porte sortant de la salle bain s'ouvre elle aussi devant moi. Le couloir suivant est sombre et moche. La dernière raison doit expliquer la première. Le couloir est moche donc on le laisse dans le noir, ce qui ne l'arrange pas... Enfin, j'arrive enfin dans la cuisine où m'attend le petit déjeuner salvateur ou plutôt où devrait m'attendre le petit déjeuner salvateur. En effet, ce matin les placard son vide et le frigo n'a pas meilleure mine. Une fois sur 2, j'en reste là, je ne fais un thé et basta Mais bon, là vous êtes en train de me lire alors je vais faire un effort. « Allons faire des courses de bon matin et de bonne humeur! ». Mes pas me ramènent à la case départ et je me retrouve face à mon bordélique de bureau où je déniche mon porteuf et pulovert (quel mot de mémé! Tout ça pour éviter l'anglicisme, pourquoi « pull-l'ovaire » pendant que j'y suis?? Eh bien voilà c'est dit!). Je retraverse les pièces précédemment citées, elles doivent commencer à vous être familières. J'espère que vous avez compris que pour accéder à ma chambre depuis l'intérieur de la maison, je dois traverser un couloir sombre et moche puis une sale bain/douche/Vécé. Je pourrais aussi passer par le patio mais j'ai peur de vous embrouiller en vous rajoutant une porte et un autre itinéraire...

Vous me suivez? Bien parce que là je suis déjà dans le couloir qui sortant de la cuisine vers la porte de sortie passe devant les chambres de mes collocs. Là je fais une pause. Je dois détailler un peu. Le couloir d'abord. Il est sympa ce couloir. Au contraire de son cousin obscur, lui respire la lumière et la fraicheur lavande... fraicheur lavande ?? ah oui, ça c'est parce que on fait sécher notre linge dans le couloir. Cela explique le pourquoi du comment. A part sècherie, ce couloir a aussi la bonne habitude de se transformer allègrement en piste de danse que les fêtards aux pieds boueux le foulent au rythme de la cumbia et de la salsa. Comme je le disais, il donne aussi sur les chambres de mes deux colloques. Un argentin, l'homme au deux identités et un Costa Ricain (un ricain de la côte quoi!). L'argentin, a 23 ans et s'appelle Guillermo à l'université et Sébastian ou Séby avec ses amis. Un peu bizarre au début mais bon on s'y fait. C'est un mec sympa le Sébastian. Il est en cinquième année d'anglais et donne des cours à domicile. C'est lui le locataire officiel de la maison. Le deuxième homme s'appelle Cristian. Il vient de la Suisse D'Amérique Centrale: le Costa Rica. Un petit pays tranquille de 4 millions d'habitants où il n'y a pas d'armée. A ma question « Mais comment vous faites si quelqu'un veut vous envahir? » il m'a répondu très sérieusement « On ouvre les bras et on invite à manger ». Stupéfiant. De fait, c'est sans doute le plus stable des pays de la région. D'où la comparaison avec la Suisse, celle-ci s'arrête au côté tranquille des deux pays, la Suisse étant un pays ultra militarisé où chaque citoyen de 24 à 44 ans possède un arme de guerre verrouillée dans sa maison. Les carrés de piquiers suisse n'ont pas disparu, ils se sont juste cachés sous les montagnes. J'arrête la digression en disant que Cristian, est lui aussi dans le domaine de l'angliche mais un cran au dessus puisqu'il donne des cours dans un institut.

Donc voilà, mes compañeros de casa sont présentés je vais pouvoir sortir dans la rue. Je me dirige vers la porte de sortie. Je sors ma clef de mon pantacourt rouge. J'ouvre la porte. J'ajuste mon poux-lover rouge bordeaux pour me protéger du vent. Depuis une semaine, il fait un temps pas terrible. L'hiver est revenu tout à coup, pas content que l'été lui ai fait la nique pendant deux semaine. Du coup, le père froidure se déchaine et on a le droit à la formule, pluie, nuages bas, vent, boue et orage par dessus le marché!! J'adore...

Mes claquettes me portent jusqu'au Kiosco d'en face où tout se vend, du pain, à la bière en passant par des nouilles pas données et un sachet de sucre. J'achète 4 ou 5 petits pains et je repars dans ma maisonnée.

L'avenue n°13 traversée, j'ouvre la porte (d'entrée cette fois-ci) et je vous la referme au nez parce que le récit s'arrête là pour aujourd'hui. En réalité il est presque 2h en ce vendredi 14 septembre 2007. J'ai décidé de pas sortir pour rompre avec la monotone routine du sortir jeudi, vendredi et samedi soir jusqu'à l'aube... Je tombe de fatigue.

La prochaine fois, vous aurez le droit au petit déjeuner...

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