Parler de tripes, de chiasses et d'excréments est pour moi une nécessité. J'ai un réel besoin de témoigner, de casser le stupide tabou qui entoure cette partie du corps. Et puis quoi !! Où est le problème ? Pourquoi nier ces phénomènes si intéressants du moment qu'on les aborde avec un tant soit peu d'esprit scientifique ou tout au moins avec élégance???
Qu'on me traite de cacatophyle, de bébé-caca ou de scatophyle, peu m'importe! Il faut rompre ce silence honteux ! Crééons le MDLP, le Mouvement de Discussion Libre sur la Panse ( signifiant aussi « Me Duele La Pansa ») et parlons sans complexe de chiasse folle, des couleurs de nos selles et de sa consistance !!
Cela vous donne l'envie de dégobiller? Il est pourtant très utile d'étudier ces selles dès qu'on sort de notre bulle aseptisée occidentale. Le boudin, qui fait donc vous l'aurez compris, l'objet de mes attentions aujourd'hui, est très révélateur de ce que vous avez ingurgité 2 heures auparavant et de la manière dont votre estomac l'a toléré.
« Caca marron dur,
tout va bien, c'est sûr!
Caca vert et mou
Tiens-tu le coup? »
Ces quelques vers issus de la sagesse populaire résument assez bien le fond du problème.
Ne mangez que des fruits pendant quelques jours et votre cigare aura un belle couleur jaunâtre incrustée de vert ou de pigments plus foncé. Néanmoins vous ne serez pas malade, à moins que vous gardiez ce régime pendant plusieurs semaines mais dans ce cas, on appelle cela végétarianisme et rassurez vous cela ne touche que les humains de type ruminants dont l'animal-totem est le pachyderme ou la vache milka.
Mettez vous au régime méxicain de base pendant trois mois et pour peu que vous soyez friand de chilé, vous allez par contre au-devant de sérieux problèmes. Toute excellente qu'elle soit, la boustifaille mexicaine est incroyablement plus riche et plus grasse que la notre. Notre estomac n'est pas non plus habitué à digérer les innombrables petites bébètes qui paturent au niveau microscopique sur les excellentes tortas et autres déliciosités mexicaines. Néanmoins après quelques semaines, notre corps s'adapte peu à peu et produit les super-sucs-gastriques nécessaires à la transformation de ces aliments. Prenez garde tout de même, il faut vivre plusieurs années dans le pays pour retrouver un équilibre gastrique digne de nos toilettes françaises. Avant cela, vous ne serez pas à l'abri de brèves attaques qui vous cloueront au pots de chambre pendant de longues minutes voir quelques heures. Je vous passe les détails des formes et des couleurs susceptibles d'être adoptées par votre excrément. Sachez seulement qu'elles sont multiples et toutes plus ragoutantes les unes que les autres.
Bref! Vous pensez être sauvé de toute cette cacophonie scatolique (Un jeu de mots? Hein? Où ça?) en quittant les zones à risques et en retournant dans une oasis de nourriture normale, (je veux dire par là : répondant à nos critères européens de normalité). Eh bien non! Haha ! Que neni! Le retour est presque pire !!
Je suis actuellement, vous le savez, dans cet ilot d'européanité que constitue Buenos Aires. Ici la nourriture européenne est reine: pattes, poulet, patates, etc... Du léger, du goutu, un vrai régal... Malheureusement, c'est ici que je suis le plus malade. Eh oui depuis ce matin, je suis pris d'une affreuse colique. Après avoir raccourcit ma balade matinale en imposant mon rapatriement expresse vers les toilettes propres de mon auberge, elle m'oblige à ne pas quitter le proche périmètre de cet havre de tranquillité où la vidange est presque synonyme d'accès au paradis. Je sens d'ailleurs monter le besoin d'y faire un petit tour. Résistes Gael! Prouves que tu es plus fort que ton intestin! Que tu ne céderas à ses alarmes qu'après avoir bien bataillé !!! Facile à dire...
Bref (re)! Je suis malade. Dans mon précédent bulletin je parlais de choc culturel, linguistique, architectural, climatique, etc... J'avais oublié le choc gastrique !!! Pauvre de moi!! Trois mois à étudier le problème et je suis tombé dans le panneau en mangeant un plat de poulet/ pommes de terre et un succulent sandwich au jambon... C'est pas juste !!! Après les lamentation nécessaires à tout bon français, je me suis ressaisis afin de comprendre mon problème. Suis-je victime d'une intoxication, d'une indigestion, de l'explosion gravissime d'un germe tueur mexicain, de la naissance dans mon estomac d'un vers gluant de plusieurs mètres de long ?
Non! Tout est plus simple. Vous rappelez vous des super-sucs-gastriques produits par mon usine de transformation alimentaire afin de digérer l'alimentation mexicaine? Eh bien ce sont eux je crois les responsables. Croyez vous qu'ils soient tranquillement restés à la frontière, laissant leurs cousins argentins (di)gérer le problème? Non ! Ils m'ont accompagné tout au long de mon voyage, bien calés dans un creux de ma paroi stomacale. Arrivés ici, ils ont fait ce pour quoi ils existent: digérer de façon intense. Je peux vous dire qu'ils ont bien travaillé, trop bien d'ailleurs. Habitués à suer sang et eau avec une matière première mexicaine bien difficile, bien coriace, ils se sont enfoncés dans la nourriture argentine comme dans du beurre. Résultat: une annihilation pure et simple de l'aliment! Pas le moindre résidu! Tout a été dissous et une légère flaque visqueuse est venu emplir mes pauvres boyaux.
Imaginez le résultat et cela devient bien gore. Peut être que mon futur employeur lit ses lignes ou pire que ma future novia ou polola se renseigne ici à mon sujet... Je vous implore de me croire, je ne suis pas ce que je parais être. Tout ceci n'est que le fruit d'une reflexion avancée et avant-gardiste (si si !) momentanément tournée vers l'univers scatologique. Une reflexion d'un médecin légiste des selles en somme... Je me dois donc d'exposer tout les détails nécessaires à la bonne compréhension de ma situation pathétique actuelle. Vous connaissez tous le principe du geyser? Une boule de gaz remontant à la surface et produisant au passage une irruption d'eau chaude légèrement sulfurisée. Eh bien le principe est le même dans le corps humain quand une flatulence rencontre un boyau rempli comme l'était le mien. Je vous épargne plus de détails, votre imagination est amplement suffisante. Je délecte par avance des grimaces de dégoût qui se peignent sur vos visages. Elles sont le signe que mon but est atteint et ma description véridique.
J'arrête ici mes délires. Je vais quand même essayer d'aller grignoter quelque chose, histoire de pas tomber dans les pommes. Un dernier conseil pour ceux qui rentrent bientôt en France après un séjour dans un pays à risques stomacales: dans les dernières jours, mangez à nouveau européen et léger. Il faut absolument réhabitué votre bide à moins d'efficacité. Vive la Décroissance stomacale !!
Je précise tout de même qu'aucune vérification scientifique n'a réelement été effectuée. Tout ceci est truffé d'aproximations et d'erreurs notamment à propos des geysers... Que les spécialites me corrigent s'ils lisent ces lignes...
Commentaires sur cet article kevin Un seul mot Gaël : je t'aime, dans mes bras ! entre amoureux du bel étron, on se comprend.
Je l'ai toujours dit : l'un des plus grands bonheurs simples de la vie consiste à démouler unbon cake, vissé sur la lunette de ses toilettes. On se retrouve soi-même, concentré et l'esprit serein, un soulagement intense vous parcourant le corps en remontant du coccyx. Oui, j'aime chier, et qui osera prétendre le contraire?
En tout cas, merci Gaëlino, pour ce témoignage gastrique qui fait chaud au cu.. euh, au coeur!
Ah oui, tous mes encouragements pour la dure épreuve que tu traverses..
Julien C'est pour cela qu'on t'aime Gael. Pipi-Caca-Boudain... On peut parler de tout avec toi, et de façon sérieuse qui plus est ! Toi, tu n'a pas peur de parler des choses dont on ne veut pas parler.
Et en plus ton lyrisme est toujours là, à la pointe de la subtilité. Magnifique! J'ai cru jusqu'au bout que tes pérégrinations étaient soutenues par des recherches scientifiques.
Merci encore de nous raconter tes aventures avec autant de détails, et les explications en prime. La prochaine fois tâche d'utiliser ta verve pour parler de ta verge...(j'ai pas trouvé mieux comme jeux de mots. Ma rime n'est pas à auteur de la tienne!)
Tchao,
Julien.